Paris Photo au mieux de sa forme

Paris. Paris Photo, organisée par RX France, s’installe pour la dernière fois au Grand Palais éphémère – avant son retour au Grand Palais l’année prochaine. Sur les 280 candidatures de galeries, 133 venues de 21 pays ont été retenues dans le secteur principal, dont 39 galeries françaises. Parmi les 32 nouvelles participations, on distingue celles qui font leur retour, tels Kicken (Berlin) et Bruce Silverstein (New York), deux galeries de poids sur le marché, et celles qui font leur premier pas comme la galerie lilloise Bacqueville et les galeries parisiennes 193 Gallery, Christophe Person et Olivier Waltman.

Les habitués de la foire retrouveront leurs marques, la répartition des secteurs sur les 12 000 mètres carrés n’ayant pas évolué. Au secteur principal, logé dans la nef succède sous la tente « Eiffel », le secteur « Curiosa » avec 16 galeries et le secteur « Éditeurs » avec 34 maisons d’édition. La nouveauté vient de la création d’un petit secteur « Digital » composé de neuf galeries, afin de voir « quelles nouvelles audiences et quels nouveaux collectionneurs, ce secteur peut générer », précise Florence Bourgeois, directrice de la foire.

De nouvelles orientations

Paris Photo prépare son retour au Grand Palais l’année prochaine – où elle bénéficiera de plus d’espace : 21 000 m2 contre 16 000 m2 avant les travaux. Après trois années de poste vacant, la nomination en décembre 2022 d’Anna Planas à la direction artistique en est le signe : il s’agit pour l’ancienne directrice de la librairie et galerie de la maison d’édition Delpire & Co d’ouvrir la foire encore plus sur le contemporain et sur des œuvres expérimentales. Le secteur « Curiosa » dont elle assure le commissariat général s’en fait le reflet, particulièrement cette année, dans le choix des projets des artistes présentés.

Le comité de sélection accueille par ailleurs, en début d’année, deux nouveaux membres au profil en lien avec les développements souhaités : Valérie Cazin de la Galerie Binôme (Paris), galerie consacrée depuis sa création aux nouvelles formes de la photographie, et Florencia Giordana Braun de la galerie Rolf Art (Buenos Aires), la première galeriste sud-américaine à siéger au comité. « Si nos principaux marchés sont l’Europe et les États-Unis, il est évident que nous avons envie de creuser vers l’Amérique du Sud, en particulier vers le Mexique, mais aussi vers l’Asie », souligne Florence Bourgeois. Il reste à convaincre les galeries susceptibles d’être intéressées de faire le déplacement. D’une édition à une autre, les galeries anglo-saxonnes, allemandes et françaises représentent toujours plus des trois quarts des participants. La variété des pratiques et des usages du médium, du XIXe siècle à nos jours, la qualité du contenu et sa capacité à réunir tous les professionnels du secteur demeurent les atouts solides de la foire, depuis sa création en 1997.

Une foire incontournable et inégalée

« Cette année, ils sont 157 groupes de musées (directeurs, responsables de collection et sociétés des amis) à venir dont 78 % étrangers contre 149 l’an dernier », indique Florence Bourgeois. Aucune autre foire photo n’a réussi à la concurrencer sur son terrain et encore moins à susciter l’intérêt des grandes galeries américaines d’art contemporain, tels que Gagosian ou Fraenkel, dont les premières participations remontent au transfert de Paris Photo du Carrousel du Louvre au Grand Palais, en 2011. La dernière-née des foires photo, Photofairs New York, centrée sur la photographie actuelle, a mobilisé en septembre pour sa première édition une quarantaine de galeries (aux deux tiers américaines) et enregistré des résultats mitigés. L’organisation de cette foire dans le même bâtiment, et à la même période que l’Armory Show, n’a pas drainé les collectionneurs d’art contemporain escomptés. Car, si dans les années 1990 et début 2000, les collectionneurs d’art contemporain manifestaient un fort intérêt pour la photographie, cet engouement s’est tari. On trouve d’ailleurs peu de photographies dans les grandes foires d’art contemporain : lors de la récente édition de Paris+ par Art Basel [lire page 27], les quelques œuvres présentées ne sortent pas des références appréciées de ce milieu tels que Peter Hujar et David Wojnarowicz chez P.P.O.W (New York), Thomas Struth chez Max Helzler (Berlin, Paris, Londres) ou Wolfgang Tillmans chez Chantal Crousel (Paris).

Un marché de jeunes collectionneurs

Le milieu de l’art contemporain et celui de la photographie sont distincts dans leur appréciation de la photographie, tout comme dans leur écosystème, leur taille et leur niveau de prix. À Paris Photo, les premiers prix sont compris entre 800 et 1 500 euros. La foire reste à cet égard « une foire grand public où l’on peut commencer une collection et repartir avec des livres photos dédicacés par les artistes », comme le rappelle Florence Bourgeois.

Il n’en demeure pas moins que le marché de la photographie est un marché de niche avec son public d’amateurs, de collectionneurs et de professionnels bien spécifiques. La foire, comme le marché de la photographie, s’adresse à de nouveaux collectionneurs, jeunes, aux goûts différents de leurs aînés, et à des galeries généralistes incluant des artistes visuels plus que des photographes. D’une année sur l’autre, selon leur importance, ces galeries n’ont pas besoin de participer à Paris Photo pour faire leur chiffre d’affaires, comme la galerie parisienne Christophe Gaillard, absente cette année. En revanche, la programmation par Thaddaeus Ropac d’une exposition d’Irving Penn dans sa galerie parisienne et de Gregory Crewdson chez Templon entend bien profiter de la clientèle que draine Paris Photo.

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