Plongée au coeur de la démarche artistique de Montérégiens

, Plongée au coeur de la démarche artistique de Montérégiens

Ce texte fait partie du cahier spécial Culture Montérégie

L’automne dernier, Culture Montérégie a mis en lumière le processus créatif de huit artistes de la région grâce à une plateforme virtuelle. La résidence de création est diffusée en ligne jusqu’à la fin de l’été.

Du 11 septembre au 30 novembre derniers, huit artistes montérégiens sélectionnés par un jury de pairs ont été rémunérés dans le but de réaliser un projet devant des spectateurs, de façon numérique. « Afin que le public suive cette aventure, on a fait quatre productions vidéo professionnelles de chacun d’entre eux. Mais ils ont également créé du contenu plus spontané et organique de leur côté pour un minimum de deux par semaine », explique Jacinthe Ducas, agente de développement et de services aux membres à Culture Montérégie.

Le public a par la suite été invité à visiter une plateforme numérique. « C’est comme un jeu vidéo où l’on peut se déplacer dans un centre d’art. Il y avait deux grandes salles d’exposition où l’on pouvait voir les photos et les vidéos des artistes. On pouvait entrer dans leur univers et on accédait à leur atelier. On pouvait cliquer sur un paquet de contenu vidéo pour suivre l’évolution du projet de création artistique », décrit Mme Ducas.

L’initiative a reçu l’appui financier du programme Rayonnement de la culture québécoise du gouvernement du Québec avec une somme de 495 000 $ en plus du soutien des médias de Québecor.

Découvrir l’envers du décor

Des artistes de plusieurs disciplines ont été sélectionnés, autant en arts visuels qu’en danse, en confection de bijoux, en arts de la scène, en musique ou en théâtre musical.

La vitrine a non seulement permis aux artistes d’avancer leur projet en cours, mais a également fourni au public une occasion de découvrir leur quotidien en se plongeant dans leur processus créatif. « Avant de vraiment avoir une œuvre en tant que telle, il y a énormément de travail, mais on ne s’en aperçoit pas tant que ça. On voulait donner l’occasion aux gens de connaître davantage ce qu’est une démarche artistique », souligne Mme Ducas.

C’est notamment ce qu’a fait le pianiste et compositeur Roman Zavada, qui, de son propre aveu, crée dans des contextes « un peu inusités ». Dans le cadre de la vitrine culturelle montérégienne, le musicien s’est rendu au cœur de la forêt afin de composer son prochain album. « J’ai amené deux pianos, un droit et un à queue, pour composer en fonction de l’environnement. Mes instruments ont surmonté le fil des saisons. Les grains et les sonorités ont changé », raconte-t-il.

De son côté, la marionnettiste Joanie Papillon a invité le public dans son atelier à domicile afin d’assister à la confection d’une marionnette. « J’ai choisi d’utiliser une portion du temps qu’on avait pour aller en studio pour pouvoir tester des prototypes. Je trouve que c’est vraiment important de pouvoir travailler avec eux avant qu’ils soient terminés. Je peux faire des ajustements sur la façon dont ma marionnette a besoin de bouger sur scène », explique-t-elle au sujet du processus de création de Gaïa. Ce spectacle multidisciplinaire est destiné aux adolescents, et combine danse, expériences théâtrales, animation et dramaturgie muette. « On a des marionnettes en 3D, mais on a aussi une portion qui se fait sous lumières UV, où les artistes vont disparaître dans l’obscurité et le public ne verra que les marionnettes réfléchissantes », décrit-elle.

Un sérieux coup de pouce

Le fait que les artistes soient rémunérés pendant huit semaines leur a permis de se consacrer à leur art et de faire ainsi avancer leur projet. « C’est rare qu’on ait accès à des résidences d’aussi longue durée. Ça venait quand même avec une enveloppe monétaire intéressante pour une résidence artistique », estime Catherine Savoie, artiste en théâtre musical. La jeune femme a ainsi pu développer son spectacle musical inspiré de Giulia Tofana, qui a empoisonné plus de 600 hommes au cours de la Renaissance italienne. La pièce pose la question suivante : dans une société où les femmes sont oppressées, est-il acceptable de se faire justice soi-même ? Catherine Savoie souligne également la couverture médiatique offerte par la vitrine, notamment grâce au partenariat avec Québecor.

Pour Joanie Papillon, le fait de pouvoir partager les étapes de création avec les gens contribue à démocratiser les arts. Elle ajoute avoir aussi pu être davantage productive, comme elle travaillait devant l’œil du public. « C’était vraiment tripant. En huit semaines, c’est impressionnant, ce que j’ai fait ! » s’exclame-t-elle en riant.

Un public au rendez-vous

Même si la relation entre les artistes et leur public était sur des plateformes numériques, la vitrine a mené à la création d’un certain engouement, croit Mme Ducas. « Ça a été une expérience enrichissante pour les artistes d’avoir ce lien avec le public », dit-elle.

Pour Roman Zavada, le fait de composer en pleine forêt de manière inusitée lui a donné l’occasion d’attiser l’intérêt des spectateurs. « Je pense que ça a beaucoup piqué la curiosité des gens pour en savoir plus et me suivre par la suite. Je suis un artiste indépendant qui roule énormément, mais pas très connu du grand public. Ça a vraiment fait en sorte de mettre un visage derrière l’artiste dont on entend parler, mais qu’on ne connaît pas », estime-t-il.

Joanie Papillon abonde en ce sens. « On crée de nouveaux liens à travers ce projet. On a pu attirer d’autres membres sur nos réseaux sociaux », dit celle qui a davantage des clients institutionnels tels que les écoles et les municipalités. « Là, c’était intéressant de pouvoir toucher les gens directement chez eux. »

Si Culture Montérégie ne prévoit pas à court terme de seconde édition de sa vitrine virtuelle, l’organisation travaille déjà sur une prochaine initiative numérique. « Ce sera une plateforme pour permettre aux acteurs scolaires de travailler et de booker les artistes pour donner des spectacles et faire des activités parascolaires », entrevoit Mme Ducas. Chose sûre, Culture Montérégie veut continuer à faire rayonner ses créateurs locaux.

Ce contenu a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

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